En France, l’ambition se nourrit d’amour et d’eau fraiche. Puis elle meurt, dans l’indifférence.

L’ambition se nourrit souvent du talent des Hommes et des moyens de ceux qui croient en ces talents. Elle est le fruit de modèles inspirants, elle est le moteur d’une équipe, elle est un caractère singulier qui permet de repousser les limites de ce que nous croyons possible.

En France, on traite l’ambition comme un nom commun et on en oublie trop souvent son essence et ce qu’elle traduit. Or, les entrepreneurs, dès l’amorçage, ont besoin que cette ambition soit nourrie. Malheureusement il n’existe aucune initiative publique réussie, directe ou indirecte (incitations pour l’investissement privé).

A propos des initiatives publiques directes

Le Fonds National d’Amorçage a du mal à déployer ses moyens… Les meilleurs VCs de la place ne veulent pas de cet argent. Les médiocres s’en contentent parce qu’ils ne peuvent pas faire autrement et d’autres en profitent comme d’une rente pour amorcer leur dealflow amont. Si vous voulez pouvoir investir dans une boite qui ne fait pas de chiffre d’affaires, toucher des management fees mais ne pas être intéressé à la performance, le FNA est fait pour vous.

On m’a déjà fait la remarque et je vois déjà la réaction des instigateurs de cette initiative irrités (une énième fois…) par mes propos: “Tout argent public engagé fait l’objet d’une analyse ou de déclarations à Bruxelles! Nous avons des contraintes, ce n’est quand même pas compliqué à comprendre!”

Effectivement, ce n’est pas compliqué à comprendre. Sauf que s’il y a un problème dans la solution, alors ce n’est pas la bonne solution! Ou alors, on attaque un mauvais problème. Ca aussi, c’est simple à comprendre.

Quant au fonds d’accélération FrenchTech, je ne vais pas épiloguer sur le sujet. C’est une idée saugrenue sans sous-jacent et sans doctrine dont l’objectif inavoué et inconscient est de perfuser un écosystème d’accélérateurs qui ont été créés pour l’occasion et/ou qui peinent à trouver un modèle.

Edit du 13/02/2015: Quand j’ai appris que nos institutions publiques s’étaient penchées sur l’éventualité de pouvoir co-financer des startups au coté des Business Angels les plus actifs, j’ai compris qu’on touchait à la fois le bout et le fond…

L’argent public est difficile à déployer en amorçage. Nous avons compris et ce n’est pas la peine d’en faire une montagne. Si on ne trouve pas la solution au problème, il faut changer de problème.

Back on track

Certains ne semblent pas avoir compris mon dernier billet et ont cristallisé sur mes critiques. Remettons donc un peu de contexte:

Les jeunes startups n’ont jamais été bien financées en France. Sous prétexte du FNA et de quelques initiatives, on agite fièrement les étendards FrenchTech. Sauf que la réalité est alarmante: il existe un “equity gap” qui se creuse dangereusement pour l’amorçage ambitieux à +/- 500k€ de financement pour les startups.

La conséquence, c’est que de nombreuses startups françaises ambitieuses qui pourraient devenir de futurs “Billions $ Company” meurent sous-capitalisées ou sans avoir trouvé de financement, pendant que les anglo-saxonnes et les américaines vivent, rayonnent et prospèrent. Voilà le vrai problème.

Une solution

S’il n’existe pas de “Billions $ company” en France, c’est parce qu’elles meurent avant même d’avoir eu la chance d’exister. Or pour avoir la chance d’exister, il faut motiver les investisseurs à les financer, alors même que ces derniers savent pertinemment que seuls resteront quelques champions pendant que la grande majorité disparaitra. Ce ne sont donc pas de maigres incitations fiscales qui changeront les habitudes de ces investisseurs particuliers, par hypothèse averses au risque.

Mettons les Etats-Unis de coté avec l’infrastructure de la Silicon Valley et les 400 000 business angels qui composent le paysage. En revanche, concentrons nous sur ce qu’il se passe à quelques centaines de kilomètres de chez nous: Les business angels anglais, 5 fois plus nombreux qu’en France, investissent 10 fois plus à PIB équivalent. Et “Long Story Short”, c’est notamment grâce à deux schémas, dont je simplifie le fonctionnement pour la compréhension de chacun, que ces investissements sont possibles:

L’EIS: Enterprise Investment Scheme:

  • 1M£ d’investissement par an au maximum par individu

  • 30% de réduction immédiate d’impôt sur le revenu

  • Exemption de taxe sur la plus value après 3 ans

  • Si faillite, jusqu’à 30% de réduction d’impôt supplémentaire

Le SEIS: Seed Enterprise Investment Scheme:

  • 100k£ d’investissement par an maximum

  • 150k£ maximum pour l’entreprise financée par le SEIS

  • 50% de réduction d’impôt sur le revenu

  • Exemption de taxe sur la plus value après 3 ans

  • Si faillite, réduction supplémentaire d’impôt de 50% de la perte

Pour voir le détail et quelques exemples, je vous invite à regarder le site Crowdcube.

Vous voulez profiter de ces deux formidables schémas pour financer les futures “Billions $ company” françaises? Faites bouger les choses ou déménagez en Angleterre, avec la startup en question. vous pouvez même prendre vos billets chez Capitaine Train, startup qui serait sans doute morte si la famille d’un des fondateurs n’avait pu subvenir aux besoins du démarrage et si Index Ventures (fonds anglais) n’avait pas amorcé le premier tour institutionnel.

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