Financement participatif en capital: un manque d’éducation et des enjeux mal considérés

Alors qu’on voit fleurir les contours de la future législation encadrant le financement participatif, on se voile la face devant l’absence d’éducation et de culture de l’échec. Pire encore, on manque les enjeux réels qui résulteront de cette réforme.

Le pavé est jeté…

L’absence d’éducation et de culture de l’échec

En France, malheureusement, les échecs sont mal perçus. Pourtant, ils sont des points d’étape dans chaque entreprise, plus ou moins fréquents, d’intensité variable. On s’arrête naturellement sur eux mais on ne peut pas s’y attarder ni les blamer de manière systématique, car ils sont et resteront le quotidien de tous les entrepreneurs.

Ceci étant dit, quand on investit en capital et spécialement dans de jeunes entreprises, le taux d’échec dépasse largement les 50% (contrairement à ce qu’on peut lire sur certaines plateformes…) et on ne peut décemment pas proposer à une personne d’investir dans une entreprise, quelque soit la somme, sans lui faire comprendre les enjeux de sa participation. Angel List fait ça succinctement mais honnêtement par exemple: https://angel.co/investing.

Alors que les plateformes de financement participatif en capital collaborent à l’élaboration de la réglementation, le mot “risque” est absent de leur vocabulaire ou détourné à d’autres fins ou avec de fausses statistiques. J’en ai pris trois au hasard, faites-vous une opinion mais le fait même qu’on laisse ces individus participer au débat démontre l’amateurisme qui entoure cette jeune mouvance.

Cette absence ou ce détournement d’information sur les risques dénotent une tendance de fonds bien plus grave, celle de l’absence d’éducation des investisseurs individuels, alors même que cela constitue un aspect fondamental à toute nouveauté dans un système.

cette absence d’éducation et de culture de l’échec va au delà de la simple considération que nous devons avoir pour les investisseurs (des épargnants…), elle démontre aussi que les plateformes de financement participatifs manquent les enjeux importants qui leur incombent.

Des enjeux mal considérés

L’assouplissement des règles de réalisation des opérations de financement participatif en capital est en effet indispensable et je salue le gouvernement et Fleur Pellerin qui font preuve de clairvoyance à ce sujet.

Cependant, nous manquons l’enjeu principal nécessaire au bon développement de cette tendance qui brassera des milliards d’euros dans quelques années. Et je ne parle pas de l’énonciation des critères de risque qui est un doux mirage assez banal finalement. La vrai problématique, c’est celle du professionnalisme des acteurs du financement participatif en capital, dans leurs démarches concrètes et dans l’énonciation de ces dernières.

Il faudrait exiger des plateformes qu’elles publient des données, qu’elles s’engagent sur leur démarche de manière transparente et exhaustive, qu’elles tiennent leurs engagements. Un modèle commun sur lequel chacun pourrait se baser permettrait d’une part aux investisseurs individuels de comparer les acteurs et contraindrait ces derniers à une certaine forme de professionnalisme. Ils se confronteraient les uns aux autres dans une course aux meilleurs pratiques.

La législation aura du mal à les contraindre mais j’espère sincèrement que la concurrence et des initiatives très prochaines le feront. Ce n’est pas la première fois qu’une opportunité se créée et qu’elle laissera une place de choix aux abus, à l’amateurisme et aux mauvaises pratiques.

PS: Ce sujet est un bon rebond sur mon post précédent: The Future Of Syndicated Investment. Disponible ici: https://medium.com/p/66e17e48effa